Le blog de rohutu no'ano'a
Tataa, lieu d'envol des âmes vers te Pö
Selon la conception polynésienne du monde, l’âme, après s’être séparée de ses enveloppes et coquilles temporelles (tino, vaite, mauri), effectue un parcours précis à l’intérieur de son mata’einaa (district), puis se dirige vers le promontoire de Tataa ; c’est là qu’elle se recueille, fait le bilan de son incarnation et comprend ce qu’elle a accompli. Elle se concentre alors et prend, parmi les différentes voies, celle qui la mènera à Rohotu, Hawaiki, Te Pö.

Il n’est donc pas étonnant que nos tupuna (ancêtres) aient attribué le nom de Tataa à ce lieu, taa signifiant d’une part se séparer, se détacher et d’autre part comprendre.
L’atmosphère de calme, de paix, de sérénité qui y a toujours régné est nécessaire à l’effort intense de concentration de l’âme et conforme à la fonction de ce lieu et celle-ci doit être préservée.
L’absence de structures lithiques construites de main d’homme tels que marae , ou paepae témoignent de la volonté de réserver ce lieu à l’usage exclusif des âmes en partance. Cette « virginité » affirme ou confirme l’extrême sacralité du lieu, un lieu si sacré que l’homme n’ose pas y apposer sa trace. En effet, ces lieux ne font pas partie de Te Ao (le monde matériel, visible) mais de Te Pô (le monde immatériel, invisible). La colline de Tataa tout entière doit rester libre de tout édifice construit de main d’homme.
Qu’en est-il alors de Pai, qui a laissé la trace de son pied gauche au bas de la falaise ?. Effectivement, c’est l’exception qui confirme la règle. La tradition orale nous enseigne qu’au moins deux êtres humains, en l’occurrence Pai et Tafa’i, ont fait étape à Tataa.
Cependant, il s’agit là d’êtres particulièrement évolués, qui, au cours de leur chemin initiatique, font l’expérience d’entrer dans Te Po, et d’en revenir, en chair et en os.
De plus, la trace de pied est située au bas de la falaise, et non au sommet ni sur les flancs du promontoire, sur une roche continuellement lavée par l’eau de mer, comme pour s’excuser de cette intrusion.
Association ROHUTU NOANOA
30/11/06
Références :
- DANIELSSON Bengt : TAHITI, Circle Island Tour Guide, Les Editions du Pacifique, 1987, p152
- HENRY Teuira : TAHITI aux temps anciens, Société des Océanistes, 1968, notions d’une vie future p 208 & 209, Tafa’i et Hina p577
- LEVERD, André : Croyances relatives aux âmes et à l’autre vie chez les polynésiens, réédité in BSEO n°248, sept 1989, p 129 à 139
- TE ARAPÖ : Parau Tumu no TAFA’I, CPSH Te Anavaharau, 1998.
Selon la conception polynésienne du monde, l’âme, après s’être séparée de ses enveloppes et coquilles temporelles (tino, vaite, mauri), effectue un parcours précis à l’intérieur de son mata’einaa (district), puis se dirige vers le promontoire de Tataa ; c’est là qu’elle se recueille, fait le bilan de son incarnation et comprend ce qu’elle a accompli. Elle se concentre alors et prend, parmi les différentes voies, celle qui la mènera à Rohotu, Hawaiki, Te Pö.

Il n’est donc pas étonnant que nos tupuna (ancêtres) aient attribué le nom de Tataa à ce lieu, taa signifiant d’une part se séparer, se détacher et d’autre part comprendre.
L’atmosphère de calme, de paix, de sérénité qui y a toujours régné est nécessaire à l’effort intense de concentration de l’âme et conforme à la fonction de ce lieu et celle-ci doit être préservée.
L’absence de structures lithiques construites de main d’homme tels que marae , ou paepae témoignent de la volonté de réserver ce lieu à l’usage exclusif des âmes en partance. Cette « virginité » affirme ou confirme l’extrême sacralité du lieu, un lieu si sacré que l’homme n’ose pas y apposer sa trace. En effet, ces lieux ne font pas partie de Te Ao (le monde matériel, visible) mais de Te Pô (le monde immatériel, invisible). La colline de Tataa tout entière doit rester libre de tout édifice construit de main d’homme.
Qu’en est-il alors de Pai, qui a laissé la trace de son pied gauche au bas de la falaise ?. Effectivement, c’est l’exception qui confirme la règle. La tradition orale nous enseigne qu’au moins deux êtres humains, en l’occurrence Pai et Tafa’i, ont fait étape à Tataa.
Cependant, il s’agit là d’êtres particulièrement évolués, qui, au cours de leur chemin initiatique, font l’expérience d’entrer dans Te Po, et d’en revenir, en chair et en os.
De plus, la trace de pied est située au bas de la falaise, et non au sommet ni sur les flancs du promontoire, sur une roche continuellement lavée par l’eau de mer, comme pour s’excuser de cette intrusion.
Association ROHUTU NOANOA
30/11/06
Références :
- DANIELSSON Bengt : TAHITI, Circle Island Tour Guide, Les Editions du Pacifique, 1987, p152
- HENRY Teuira : TAHITI aux temps anciens, Société des Océanistes, 1968, notions d’une vie future p 208 & 209, Tafa’i et Hina p577
- LEVERD, André : Croyances relatives aux âmes et à l’autre vie chez les polynésiens, réédité in BSEO n°248, sept 1989, p 129 à 139
- TE ARAPÖ : Parau Tumu no TAFA’I, CPSH Te Anavaharau, 1998.
Dim 8 avr 2007
2 commentaires
Bonjour à vous,
A la lecture de votre blog, je me suis aperçue que dans votre bibliographie figure Te arapo. Connu pour avoir été un conteur des légendes polynésiennes, je voulais avoir si il existait un recueil de tout ses textes.
Merci Vaimeho (enseignante)
A la lecture de votre blog, je me suis aperçue que dans votre bibliographie figure Te arapo. Connu pour avoir été un conteur des légendes polynésiennes, je voulais avoir si il existait un recueil de tout ses textes.
Merci Vaimeho (enseignante)
Vaimeho - le 25/10/2010 à 04h18
Ara ara tei ma'iti hia tei
Ti'ai mai mutaa ihora
A ti'a a paruru to tupuna
A haruru to aau tei amui mai